7-Eleven attaque Nike en justice : la Air Max 95 du « Kombini » Pack est au cœur d’une bataille de marques.
C’est sans doute l’un des dossiers juridiques les plus surprenants de l’année dans l’univers de la sneaker. Habitué à défendre agressivement sa propriété intellectuelle, Nike se retrouve cette fois dans la position du défendeur. La chaîne américaine de supérettes 7-Eleven a décidé de poursuivre la marque au Swoosh, estimant que la nouvelle Air Max 95 s’inspire un peu trop ouvertement de son identité visuelle.
Tout est parti de la présentation du « Kombini Pack », une collection de Nike Air Max 95 inspirée des célèbres chaînes de supérettes japonaises. L’une des paires rendant hommage à Lawson et une à 7-Eleven, sans qu’il s’agisse d’une collaboration officielle.

Le mélange de couleurs est immédiatement associé à l’enseigne, ainsi que plusieurs détails évoquant l’univers des convenience stores. Suffisant pour que la communauté sneaker surnomme rapidement cette version la « 7-Eleven Air Max 95 », malgré l’absence du moindre logo officiel.
Pourquoi 7-Eleven porte plainte
Selon la plainte déposée devant un tribunal fédéral du Texas, Nike aurait volontairement reproduit ce que 7-Eleven appelle son « Tri-Colour Mark », c’est-à-dire sa combinaison de couleurs emblématique utilisée depuis des décennies sur ses magasins, ses campagnes marketing et ses produits dérivés.
L’enseigne estime que cette ressemblance est susceptible d’induire les consommateurs en erreur en leur faisant croire à une collaboration officielle entre les deux marques.
Mais un autre élément renforce encore les arguments de 7-Eleven : la date de sortie choisie par Nike. La sortie prévue le 11 juillet, une date loin d’être anodine car elle correspond au 7-Eleven Day aux Etats-Unis et au Canada, journée anniversaire où les clients reçoivent traditionnellement un Slurpee gratuit.
Ce que réclame 7-Eleven
Pour 7-Eleven, Nike cherche délibérément à profiter de la notoriété de cet événement pour renforcer l’association entre la chaussure et son image de marque. Et la chaîne ne se contente pas de demander des dommages et intérêts, elle souhaite également que le tribunal interdise la commercialisation de la sneaker, impose le rappel des paires déjà distribuées, la destruction des produits concernés et reverse à 7-Eleven les bénéfices éventuellement réalisés par Nike grâce à cette Air Max 95.
Selon les documents de justice, 7-Eleven affirme avoir tenté de régler le différend à l’amiable avant d’engager une procédure judiciaire, sans succès.
À l’heure actuelle, Nike n’a pas encore répondu publiquement sur le fond de la plainte mais a retiré la paire de son site SNKRS et certains retailers ont fait de même.


