Ann Hebert a quitté ses fonctions chez Nike après la publication d'un portrait de son fils, aka West Coast Streetwear, reseller ayant étalé des bénéfices se chiffrant en millions de dollars.

Complex nous rapporte aujourd'hui une histoire rocambolesque. Ann Hebert, employée chez Nike depuis 25 ans et récemment nommée vice-présidente du marché nord-américain, a quitté l'entreprise ce lundi. Une démission faisant suite à la publication d'un article de Bloomberg au sujet du très juteux business resell... de son fils.

Dans le portrait qui lui est consacré, le dénommé Joe, 19 ans, explique comment il utilise des bots pour rafler 600 paires de YEEZY à 132 000 dollars, comment il a mis la main sur un stock de Nike Mags, raconte qu'il tient un groupe Discord où il partage des informations - moyennant finances - sur les releases à venir, et entre tant d'autres anecdotes, parle de centaines de milliers de dollars de bénéfices mensuels. Ce qu'on peut croire sans peine à la vue du compte Instagram portant le nom de sa société, West Coast Streetwear.

Le jeune homme ne fait aucun lien avec sa mère dans ses propos. Ce lien de parenté est découvert par hasard par le journaliste, d'abord par le biais d'un coup de téléphone réalisé avec le numéro qui s'avèrera être celui d'Ann, ensuite avec un document fourni par Joe pour prouver ses bénéfices, montrant les transactions d'une carte American Express de son entreprise... qui est également au nom de sa mère. Quand l'auteur lui parle de sa découverte, Joe assure que maman n'est pas impliquée dans son business, demande à ce qu'elle ne soit pas citée dans l'article, et ne donne plus jamais de nouvelles.

Cocasse, on apprend que Nike avait été averti par Madame Hebert en personne de l'activité du fiston en 2018, sans que l'équipementier ait conclu à une violation de sa politique d'entreprise. La publication d'un article vantant des bénéfices vertigineux a changé la donne, ainsi que l'a confirmé par la suite le PDG John Donahoe auprès de Complex : "Ann aurait dû continuer à m’informer des activités de son fils, mais elle ne l’a malheureusement pas fait. Suite aux retours des médias, nous avons compris ce que nous avions fait et avec Ann nous avons décidé qu’il était préférable pour elle de démissionner". De fait, l'article a véritablement scandalisé les internautes, lesquels ont directement questionné les éventuels passe-droits octroyés par la mère à son fils reseller. Si Joe s'en défendait d'avance, il a depuis publié un message sur le fameux groupe Discord où il lâchait ses infos tarifées, expliquant qu'il allait le clôturer "du fait du départ" d'Ann, parce qu'il n'avait plus "ni plug, ni informations". De quoi confirmer les soupçons.

"Cet incident a soulevé des questions chez certains de nos consommateurs sur leur rapport de confiance envers nous, notamment autour des lancements de produits", a encore réagi John Donahoe. Le PDG a argué qu'il n'y avait "pas de valeur plus centrale que cette confiance" chez Nike, qui allait donc "redoubler d'efforts" pour le développement d'une technologie anti-bot sur laquelle il travaille déjà depuis quelques années. Affaire à suivre.